Documentaire

Quand
les
hommes
parlent

Un film pour libérer la parole des hommes


Une lettre mensuelle sur ce qui se passe quand les hommes parlent vraiment.Récits de projections, réflexions sur la parole masculine, le couple et la transmission.

Bande-annonce

Cinq hommes, entre 40 et 65 ans,
parlent face caméra de ce qu’ils n’ont jamais appris à dire :
leurs émotions, leurs colères, leurs fragilités… et leurs élans d’amour.

Didiel

pourquoi ce film ?

Parce que trop souvent, la parole masculine se tait derrière des silences ou des colères.Parce que libérer cette parole, c’est ouvrir un espace de résonance, et peut-être éviter que la frustration ne se transforme en violence.

Ce film est né d’une expérience personnelle :
- la frustration de ne pas accéder à des discussions profondes entre hommes,
- et le désir de transmettre à mes fils un autre rapport à la parole que celui dont j’ai hérité.

Suivre la suite du projet

Ce film n’est qu’un point de départ.
J’envoie une lettre par mois pour raconter ce qui se passe quand le film circule : projections, discussions, questions qui émergent, et ce que ça transforme, chez moi, et chez les autres.

Une lettre par mois environ, désinscription en un clic.

Solal

Prochaines projections

À venir

• La Cordée (Rennes), le 26 mai
• La Cordée (Nantes), le 2 juin
• La Minothèque (Bouvron), le 23 juin

Passé

• La pointe Emmaüs (Finistère), le 16 avril 2026
• Festival Femmes dans la ville, Cherbourg (Manche), le 10 mars 2026
• Association SenS, Centre de santé communautaire de Langon (Ille-et-Vilaine), le 6 février 2026
• Café-librairie L'Amante Verte (Ille-et-Vilaine), le 2 décembre 2025

En discussion

• Discussions en cours avec des festivals, centres culturels, tiers-lieux, centres de santé/prévention...

Antoine

À propos du film

Quand les hommes parlent est le fruit de discussions avec Antoine, Baptiste, Didiel, Henri, Solal.

Durée : 23 minutes
Réalisation : Maxime Amieux
Montage : Arthur Bacry
Auto-production

Henri

Organiser une projection

Le film a vocation à circuler largement.Je propose des projections suivies d’échanges avec le public, dans des contextes variés (santé mentale, éducation, vie associative…).Ces temps ouvrent souvent des espaces de parole singuliers, où chacun peut partager à partir de ce que le film a éveillé en lui.Ces interventions font l’objet d’une participation financière, adaptée selon les structures.Il est également possible d’organiser une projection de Quand les hommes parlent en autonomie : associations, festivals, lieux culturels, tiers-lieux, médiathèques, cafés, collectifs, entreprises, institutions…Il n’y a pas de format imposé.
Les échanges gagnent souvent à rester simples et personnels, par exemple en partant de la question :qu’est-ce que ce film a éveillé en moi ?

Droits de diffusion

Lorsqu’une projection est organisée en autonomie (sans ma présence), une participation financière est demandée au titre des droits de diffusion.Celle-ci permet de soutenir la circulation du film et de contribuer à de futurs projets.Les modalités d’accueil et de participation du public relèvent du choix des organisateurs.

Ma présence

Selon les envies et les possibilités, ma présence peut prendre différentes formes :
- aucune (projection en autonomie),
- un mot écrit ou enregistré,
- une intervention à distance,
- ou une présence sur place.
Le film peut très bien vivre sans moi.

Pour qui ?

Ce film s’adresse à celles et ceux qui sentent que certaines paroles restent difficiles à dire ou à entendre.Il peut toucher :
- des hommes, à différents moments de leur vie,
- des femmes curieuses de mieux comprendre ce qui se joue parfois du côté des hommes,
- des personnes qui s’intéressent aux questions de sensibilité, de paternité, de transmission,
- des professionnels de l’accompagnement, de l’éducation, de la santé, du social,
- ou simplement des personnes en chemin, sans étiquette particulière.
Il ne s’agit pas d’un film explicatif ni d’un manifeste.
C’est une proposition sensible, qui ouvre des espaces de résonance plus qu’elle n’apporte des réponses.
Chacun y trouvera (ou non) quelque chose qui lui parle.

Qui suis-je ?

Je m’appelle Maxime Amieux. Je vis en Bretagne, avec ma famille.Longtemps, j’ai manqué d’espaces pour parler avec des hommes de ce qui compte vraiment : les doutes, la peur de ne pas être à la hauteur, la paternité, le rapport à la réussite, la sensibilité.Entre 2021 et 2023, j’ai animé des cercles de parole entre hommes. J’y ai vu à quel point, lorsque les masques tombent, quelque chose d’essentiel peut circuler.J’ai alors pris ma caméra pour prolonger cette expérience autrement.
Non pas pour expliquer, ni pour démontrer, mais pour observer ce qui se passe quand des hommes acceptent d’être interrogés, face caméra, sur leur vie intérieure.

Textes

Je crois bien que j’ai appris à faire rire avant d’apprendre à dire ce que je ressens.-Un dimanche midi, à table, en famille. Je lance un sujet un peu profond.
Je vois tout de suite la gêne de mon père.
Il cherche du regard une issue. Ma sœur ? Mon frère peut-être ?
Un sourire, une blague, et c’est fini. Ouf le sujet est évacué.
On n’ira pas là où j’ai essayé de les emmener.
-Je crois que j’ai appris ça assez tôt, qu’il valait mieux faire rire que mettre mal à l’aise. Qu’il valait mieux être léger que vrai.J'ai d'abord observé. Les mimiques de mon père. Ses petites phrases, lancées au bon moment. Celles qui tombent juste, celles qui font mouche.Et puis j'ai essayé à mon tour."Ah ah, tu es bien le fils de ton père !" Intérieurement, j’exulte. Pour moi ce n’est pas qu’un rire que j’ai décroché, c’est une filiation. Ouf, j’existe.-Avec les potes, c’est un terrain de jeu.Il y a celui qui prend toute la place. Qui raconte, qui embarque tout le monde.
Et moi, je m’incruste : je rajoute une vanne. Un détail. Je prends le rebond. Et pendant quelques secondes, la lumière passe aussi sur moi.
Parfois, je me surprends à le jalouser. Parce qu'il est drôle oui, mais aussi parce qu’il a l’air libre.-Il m’a fallu un peu de temps avant d’être à l’aise avec le silence. Parce que le silence, je ne savais pas trop quoi en faire. Je me retrouve face à mes doutes, mon marais. Avec des pensées que je n’ai pas très envie de regarder. De la honte, de la colère. Un peu de solitude aussi. Et aucun mode d’emploi.Alors je parle, même quand je n’ai rien à dire. Je fais une blague, je relance. En fait, je remplis.-J’ai des amis qui font autrement.Il y en a un, quand je commence à parler de trucs un peu profond, il se tait.
Je sens que ça travaille à l’intérieur, mais rien ne sort.
Un autre, lui, fera une blague, parfaite.
Et on passera à autre chose.Silence ou humour, deux façons de ne pas rester.-Et puis parfois, il y a un accident magique.
Quelqu’un qui ose raconter un truc un peu honteux, ou pas très glorieux, et qui en rit franchement.
Et là, ça me touche parce que je vois bien qu’il n’est pas si à l’aise que ça, mais il y va quand même.Je vois bien que ça impressionne aussi les autres. On reconnaît du courage à celui qui est prêt à rire de lui-même, prêt à se mettre à nu. On ne serait pas forcément cap de faire la même chose.-Quand j’étais plus jeune, je ne savais pas rire de moi. J'étais ultra-susceptible.
Une remarque, et je pouvais me lever de table, claquer la porte, hurler contre ma famille.
Vexé, touché trop vite, trop fort. Vraiment, je n’avais aucune distance.
-L’humour, ce n’est pas le problème. C’est même trèèès précieux.Mais quand ça devient le seul endroit où je suis à l’aise, je sens bien que ça me limite.Et peut-être que grandir, c’est accepter qu’à certains moments il n’y ait rien à dire. Et faire avec cette gêne.-à 70 ans, j'ai vu mon père s'ouvrir. L'humour n'est plus sa seule issue. Et ça, ça a été une sacrée leçon pour moi.